dimanche 30 janvier 2022

LES MOTS GENIAUX DE MA FILLE





Comme chaque après midi, je récupère Valerie de Majal. Exceptionnellement hier, j’utilisais la voiture de mon fils.

  • Maman, où est ta voiture rouge ?
  • A la maison ma chérie, depuis le matin je cherche les clés, je ne sais pas où je les ai mises.
  • Attends, je vais demander à Téta

Et la elle regarde le ciel :

  • Téta, il faut aider maman à retrouver ses clés. Vite. Demande aussi à Jeddo.

Je vous laisse imaginer mon émotion

Les clés furent immédiatement retrouvées dans la poche du manteau porté la veille.


FROID DE JANVIER

Byblos - Photo Clara El Kouba

Décidément ma fille Valerie a beaucoup d’humour.

Alors que je lui montrais les photos de la neige partout en ce 27 Janvier 2022, qu’on parlait du froid polaire qui a envahit le Liban et qu’elle me voyait emmitouflée et grelottante (chose rare …) elle me regarde malicieuse puis court vers la fenêtre et me dit:

  • Maman, regarde un iceberg!

samedi 29 janvier 2022

PROBLEMES DE LIBANAIS : #1 LES CHEVEUX LONGS

 



Problèmes de Libanais : (Ces problèmes ne concernent pas la classe politico-mafieuse et leurs sbires qui eux, n’en n’ont aucun) 

# 1 :  Les cheveux longs en hiver (hommes, femmes ou ielles … des cheveux c’est des cheveux).

Pour la majorité écrasante des peuples, se laver les cheveux est une action naturelle : à un moment donné de la journée, on entre sous la douche, on fait son shampoing, un coup de séchoir et on vaque aux activités quotidiennes sans se poser la moindre question. 

Eeeeh au Liban : NON. 

Au Liban, la planification du lavage des cheveux longs est essentielle. Ça ne peut en aucune façon être un acte spontané. Loin de là. Au Liban, ce geste banal de tous les jours, relève d’une stratégie étudiée. 

Il faut tout d’abord vérifier l’alimentation en électricité du « type du moteur » (en arabe « taba3 el motir » carrière typiquement libanaise, en recherche d’une dénomination valable). Chez moi par exemple, actuellement j’ai du courant du 6h30 à 8h (horaire inutile, je dors) et même si je faisais l’effort de me lever tôt, en 1h30, l’eau n’a pas vraiment le temps de chauffer. Puis j’ai le courant de 11h à midi (ne me demandez pas pourquoi cet horaire là… jamais compris). Et pour finir de 16h à 23h30. N’aimant pas me laver les cheveux le soir à cause des faux plis que ça occasionne pendant le sommeil, j’essaye, en général, de faire ça dans cet inique horaire de 11h-12h. J’ai la chance de travailler à partir de la maison (par choix, rien à voir avec COVID) donc je peux prendre cette décision. L’eau ayant déjà chauffée à l’aube, elle est légèrement tiède vers 11h, un peu plus chaude à 11h45. Je saute sous la douche. Shampoing rapide, pas question que ça dure plus de 8mn. Pourquoi ? Parce qu’après : PLUS DE COURANT POUR LE SECHOIR. Cheveux longs en hiver n’oubliez pas ! J’enfile mon peignoir (nouvelle acquisition depuis la crise) qui était posé sur le chauffage tiède et direct séchoir. Évidemment pas le temps de faire un brushing, on n’est pas en France !

Midi : plus de courant mais cheveux propres et secs. 

Ceci-dit, tout se passe en récitant des neuvaines (même les non-croyants s’y mettent) parce que chez nous, dans ce pays de miel et de sang, on peut très bien se retrouver les cheveux pleins de savon, sans électricité, seule dans le noir dans sa salle de bain comme une conne, atteinte instantanément du syndrome de Tourette vociférant des insanités à l’encontre du « type du moteur » et du gouvernement.   Et là évidemment, plus de séchoir, vous vous emmitouflez, changez chaque 10 mn la serviette sur vos cheveux, avalez tasses de thé sur tasses de thé pour éviter la pneumonie omicronnienne.

Alors si j’arrive parfois à un rendez-vous avec des cheveux impossibles, soyez cléments. 

Josyane BOULOS 

jeudi 5 août 2021

LE LIBANAIS TYPIQUE


On pourrait penser qu’être typiquement libanais, c’est savoir préparer la tabboulé avec le persil plat, conduire comme un taré, dire Yalla à tout bout de champ ou se disputer qui va payer l’addition au resto (réservé ces jours-ci à ceux qui ont le « fresh »). Ce n’est pas du tout ça! Être typiquement libanais c’est :

  • Recevoir une video/ ou un article d’un journal étranger parlant du Liban et l’envoyer immédiatement à tous ses contacts Whatsapp qui l’enverront à tous leurs contacts. Tu le recevras donc 15 fois. Nous sommes, il ne faut pas l’oublier, le nombril du monde.
  • avoir plusieurs UPS à la maison: un pour l’ordi, un pour la Wifi et un pour la PlayStation/Box des gosses (pour les étrangers go Google UPS)
  • Hurler « disjoncteeeeur » 10 fois par jour. Minimum. D’ailleurs, vous ne le saviez pas mais le mot « disjoncteur (et sa version libanaise « dizjonctaire » est le mot français le plus utilisé chez les libanais)
  • S’abonner à un générateur de quartier pour s’alimenter en électricité.
  • Payer une fortune ce même Générateur qui n’alimente qu’un tiers de la maison, d’où le « dizjonctaiiiiire »...
  • Avoir un répertoire d’insultes très varié qui s’adresse aussi bien aux propriétaires des générateurs et leurs employés qu’a toutes les instances de l’état. « Ikht El generateur 3a ikht yalle 3emlo 3a im El balad » remplace lentement mais sûrement le « Hi, Kifak, ça va? »
  • Avoir un stabilisateur pour ton frigo, parce que « l’électricité du moteur joue... » (sens du mot stabilisateur sur Google pour les habitants du reste du monde, enfin presque le reste du monde... )
  • Défendre un « zaim » qui te suce le sang, possède le générateur via un sbire mais que tu applaudis quand même en hurlant « dizjonctaire.» Tu l’applaudis par réflexe probablement. De peur qu’il ne te coupe le courant peut-être?
  • Être Libanais c’est te hérisser quand tu as lu la phrase du haut, parce que tu es encore un « zaimien » mais le tien c’est le bon, faut pas mélanger les serviettes et les torchons, et que je ne sais par quelle baguette magique, tu as oublié toutes les horreurs qu’il a fait pendant la guerre (je parie que maintenant tu penses au zaim de l’autre, et que tu abandonnes la lecture de ce texte parce que tu n’arrives pas à avoir du recul sur la situation)
  • Aller aux manifs et le lendemain aller à la plage. Tu mettras sur les réseaux les photos de la manif mais pas de la plage. Faut pas exagérer quand même !
  • Jongler avec le Lollar, le Dollar, la Livre et en passant l’Euro, accepter de jongler. Pire s’adapter au jonglage. Se sentir le roi du monde parce que ton fils/fille/ sœur/ frère t’envoies 100$ en « fresh.» Nous sommes les nouveaux mendiants chics.
  • Apprendre à ses enfants dès leur plus jeune âge que quand ils seront grands, ils vont aller vivre ailleurs en sécurité. Parce que ici rien n’est stable, tout peut flamber n’importe quand. Et puis ils enverront du « fresh »
  • Inventer le mot « fresh »
  • C’est y croire encore. Se battre encore pour sauver les restes. Pourquoi? Je ne sais pas. Mais ce n’est sûrement pas pour l’odeur de la manouché, du jasmin et le goût des amandes vertes. Peut-être parce que abandonner est une forme de défaite.
  • C’est faire partie d’une petite communauté de 4 millions de personnes sur un petit territoire de 10452 km2 et être plus désunis et intolérants que la Terre entière.
  • Et surtout être typiquement libanais c’est vivre dans la merde et appeler ça « résilience. »

Josyane Boulos


lundi 26 juillet 2021

LE TYPE DU MOTEUR



Photo prise du Net.


Oui je sais que c’est condescendant voire arrogant de l’appeler « le type du moteur. » Mais quand il ne répond pas au téléphone quand tu veux te renseigner sur l’horaire du générateur parce que tu as 3 jeunes handicapés moteurs qui sont coincés au quatrième et ne peuvent descendre les marches, quand il coupe la communication avant même de décrocher, ou quand finalement il répond face à ton insistance et qu’il te claque le téléphone au nez quand tu le supplies de mettre le moteur juste cinq minutes pour l’ascenseur « tu comprends ils sont handicapés » - « ma fi mazout » blam! Alors NON, le type du moteur ne mérite pas un prénom.