samedi 29 janvier 2022

PROBLEMES DE LIBANAIS : #1 LES CHEVEUX LONGS

 



Problèmes de Libanais : (Ces problèmes ne concernent pas la classe politico-mafieuse et leurs sbires qui eux, n’en n’ont aucun) 

# 1 :  Les cheveux longs en hiver (hommes, femmes ou ielles … des cheveux c’est des cheveux).

Pour la majorité écrasante des peuples, se laver les cheveux est une action naturelle : à un moment donné de la journée, on entre sous la douche, on fait son shampoing, un coup de séchoir et on vaque aux activités quotidiennes sans se poser la moindre question. 

Eeeeh au Liban : NON. 

Au Liban, la planification du lavage des cheveux longs est essentielle. Ça ne peut en aucune façon être un acte spontané. Loin de là. Au Liban, ce geste banal de tous les jours, relève d’une stratégie étudiée. 

Il faut tout d’abord vérifier l’alimentation en électricité du « type du moteur » (en arabe « taba3 el motir » carrière typiquement libanaise, en recherche d’une dénomination valable). Chez moi par exemple, actuellement j’ai du courant du 6h30 à 8h (horaire inutile, je dors) et même si je faisais l’effort de me lever tôt, en 1h30, l’eau n’a pas vraiment le temps de chauffer. Puis j’ai le courant de 11h à midi (ne me demandez pas pourquoi cet horaire là… jamais compris). Et pour finir de 16h à 23h30. N’aimant pas me laver les cheveux le soir à cause des faux plis que ça occasionne pendant le sommeil, j’essaye, en général, de faire ça dans cet inique horaire de 11h-12h. J’ai la chance de travailler à partir de la maison (par choix, rien à voir avec COVID) donc je peux prendre cette décision. L’eau ayant déjà chauffée à l’aube, elle est légèrement tiède vers 11h, un peu plus chaude à 11h45. Je saute sous la douche. Shampoing rapide, pas question que ça dure plus de 8mn. Pourquoi ? Parce qu’après : PLUS DE COURANT POUR LE SECHOIR. Cheveux longs en hiver n’oubliez pas ! J’enfile mon peignoir (nouvelle acquisition depuis la crise) qui était posé sur le chauffage tiède et direct séchoir. Évidemment pas le temps de faire un brushing, on n’est pas en France !

Midi : plus de courant mais cheveux propres et secs. 

Ceci-dit, tout se passe en récitant des neuvaines (même les non-croyants s’y mettent) parce que chez nous, dans ce pays de miel et de sang, on peut très bien se retrouver les cheveux pleins de savon, sans électricité, seule dans le noir dans sa salle de bain comme une conne, atteinte instantanément du syndrome de Tourette vociférant des insanités à l’encontre du « type du moteur » et du gouvernement.   Et là évidemment, plus de séchoir, vous vous emmitouflez, changez chaque 10 mn la serviette sur vos cheveux, avalez tasses de thé sur tasses de thé pour éviter la pneumonie omicronnienne.

Alors si j’arrive parfois à un rendez-vous avec des cheveux impossibles, soyez cléments. 

Josyane BOULOS 

jeudi 5 août 2021

LE LIBANAIS TYPIQUE


On pourrait penser qu’être typiquement libanais, c’est savoir préparer la tabboulé avec le persil plat, conduire comme un taré, dire Yalla à tout bout de champ ou se disputer qui va payer l’addition au resto (réservé ces jours-ci à ceux qui ont le « fresh »). Ce n’est pas du tout ça! Être typiquement libanais c’est :

  • Recevoir une video/ ou un article d’un journal étranger parlant du Liban et l’envoyer immédiatement à tous ses contacts Whatsapp qui l’enverront à tous leurs contacts. Tu le recevras donc 15 fois. Nous sommes, il ne faut pas l’oublier, le nombril du monde.
  • avoir plusieurs UPS à la maison: un pour l’ordi, un pour la Wifi et un pour la PlayStation/Box des gosses (pour les étrangers go Google UPS)
  • Hurler « disjoncteeeeur » 10 fois par jour. Minimum. D’ailleurs, vous ne le saviez pas mais le mot « disjoncteur (et sa version libanaise « dizjonctaire » est le mot français le plus utilisé chez les libanais)
  • S’abonner à un générateur de quartier pour s’alimenter en électricité.
  • Payer une fortune ce même Générateur qui n’alimente qu’un tiers de la maison, d’où le « dizjonctaiiiiire »...
  • Avoir un répertoire d’insultes très varié qui s’adresse aussi bien aux propriétaires des générateurs et leurs employés qu’a toutes les instances de l’état. « Ikht El generateur 3a ikht yalle 3emlo 3a im El balad » remplace lentement mais sûrement le « Hi, Kifak, ça va? »
  • Avoir un stabilisateur pour ton frigo, parce que « l’électricité du moteur joue... » (sens du mot stabilisateur sur Google pour les habitants du reste du monde, enfin presque le reste du monde... )
  • Défendre un « zaim » qui te suce le sang, possède le générateur via un sbire mais que tu applaudis quand même en hurlant « dizjonctaire.» Tu l’applaudis par réflexe probablement. De peur qu’il ne te coupe le courant peut-être?
  • Être Libanais c’est te hérisser quand tu as lu la phrase du haut, parce que tu es encore un « zaimien » mais le tien c’est le bon, faut pas mélanger les serviettes et les torchons, et que je ne sais par quelle baguette magique, tu as oublié toutes les horreurs qu’il a fait pendant la guerre (je parie que maintenant tu penses au zaim de l’autre, et que tu abandonnes la lecture de ce texte parce que tu n’arrives pas à avoir du recul sur la situation)
  • Aller aux manifs et le lendemain aller à la plage. Tu mettras sur les réseaux les photos de la manif mais pas de la plage. Faut pas exagérer quand même !
  • Jongler avec le Lollar, le Dollar, la Livre et en passant l’Euro, accepter de jongler. Pire s’adapter au jonglage. Se sentir le roi du monde parce que ton fils/fille/ sœur/ frère t’envoies 100$ en « fresh.» Nous sommes les nouveaux mendiants chics.
  • Apprendre à ses enfants dès leur plus jeune âge que quand ils seront grands, ils vont aller vivre ailleurs en sécurité. Parce que ici rien n’est stable, tout peut flamber n’importe quand. Et puis ils enverront du « fresh »
  • Inventer le mot « fresh »
  • C’est y croire encore. Se battre encore pour sauver les restes. Pourquoi? Je ne sais pas. Mais ce n’est sûrement pas pour l’odeur de la manouché, du jasmin et le goût des amandes vertes. Peut-être parce que abandonner est une forme de défaite.
  • C’est faire partie d’une petite communauté de 4 millions de personnes sur un petit territoire de 10452 km2 et être plus désunis et intolérants que la Terre entière.
  • Et surtout être typiquement libanais c’est vivre dans la merde et appeler ça « résilience. »

Josyane Boulos


lundi 26 juillet 2021

LE TYPE DU MOTEUR



Photo prise du Net.


Oui je sais que c’est condescendant voire arrogant de l’appeler « le type du moteur. » Mais quand il ne répond pas au téléphone quand tu veux te renseigner sur l’horaire du générateur parce que tu as 3 jeunes handicapés moteurs qui sont coincés au quatrième et ne peuvent descendre les marches, quand il coupe la communication avant même de décrocher, ou quand finalement il répond face à ton insistance et qu’il te claque le téléphone au nez quand tu le supplies de mettre le moteur juste cinq minutes pour l’ascenseur « tu comprends ils sont handicapés » - « ma fi mazout » blam! Alors NON, le type du moteur ne mérite pas un prénom.

jeudi 22 juillet 2021

UNE JOURNEE (PAS SI) PARTICULIERE



A ton réveil tu te dis eh meeerde: l’enterrement de ton politicien abhorré favori,  c’était un rêve et pas la réalité ! Déçue, tu prends ton téléphone pour voir si ce rêve n’était pas prémonitoire. On vit d’espoir!  Eh non... aucune mention sur tous les réseaux sociaux. Par contre, sur WhatsApp, tu as 35 roses et 10 tasses de café pour te souhaiter « Bonjour, Bonne journée, du soleil pour toi, renvoies ce message pour la bonne chance, sans café pas de bonne journée » etc. Il y a aussi la même blague envoyée par 10 personnes qui pensent être les premières à te l’envoyer. Tu vois le genre. Tu en as sûrement sur ton WhatsApp.

Un petit tour sur Facebook où tu retrouves la même blague du jour, des citations hautement positives qui sont censées transformer ta vie, les posts des défaitistes qui voient tout en noir et ceux des optimistes qui rosissent tout le noir. Tu te rabats sur Insta et là tu regrettes le jour où par curiosité, tu as cliqué pour comprendre : c’est quoi Keto ? Depuis tu es assaillie par les pubs régimes Keto, régimes Jeûne Intermittent, Yoga pour maigrir, Marcher pour maigrir (tu les emmerdes, tu n’es pas grosse, juste enrobée, comme ton copain Obélix). Ils me font rire… qui au Liban, à part les Happy Few qui ont du « Fresh », peut encore se permettre un Keto ? Au prix des avocats, du saumon, du quinoa, de la viande… Allez, avoues quand même, que pendant le confinement, tu as essayé « marcher pour maigrir », devant ton ordi, sur YouTube, mais la bonne femme, désespérément mince et musclée, t’as tellement bassinée avec ses « Walk, walk, walk, walk, walk, walk, walk » sur plusieurs tonalités que tu as failli balancer ton laptop par la fenêtre. Heureusement, tu t’es rappelé juste à temps, la crise économique, le taux du change, ton chômage forcé. Tu as sagement remis le laptop à sa place et tu as continué à « walkwalker. »

Allez, assez perdre du temps. Il faut que tu te bouges. Tu hésites un instant. Est-on confinés aujourd’hui ou pas? En fait, on est quel jour ?... Tu n’as plus aucune idée,  si c’est jour pair ou impair... ah non ça c’est fini. Tu reprends ton téléphone et tu ouvres l’appli de l’OLJ. Nous sommes un jeudi, le confinement reprend pour 48 heures parce qu’il y a fête et on n’a plus le droit de la faire, la fête... Autant redormir. Mais non. Les gosses des voisins sont bien réveillés eux, bien bruyants, bien braillards, bien en congé. Bienheureux.

A la douche alors. Tu vas te faire une séance beauté, question de faire passer le temps. Masque, peeling, shampoing, épilation. Comme d’habitude, l’eau chaude est trop chaude (il faut que tu penses à changer l’horaire du minuteur eau chaude vu que les journées se réchauffent. (Comme d’habitude tu oublieras à la sortie du bain.)) et l’eau froide manque de pression. 6 plombiers PhD (Plombiers Hautement Déboucheur) se sont penchés au chevet de ton eau. Aucun n’a compris le problème. Tu fais contre mauvaise fortune bon cœur et tu entames le ravalement de ta façade. Peeling intégrale, pause masque, shampoing onctueux, nourrissant qui t’as coûté une blinde, mais tes cheveux restent malgré tous tes efforts, secs, raides…enfin tais-toi, tu les as encore tes cheveux. En plein moussage, l’électricité se coupe. Il ne peut pas être déjà 10 heures ? 1 minute, 2 minutes, 3 minutes… Le filet d’eau froide commence à diminuer et l’eau chaude sort victorieuse du combat. 4 minutes…

« Nilanthiiiii, heeeelp ». Ton employé de maison accourt.

« Nilanthi kahraba aw moteur ? » tu hurles à travers la porte.

« Ra7 moteur Madam »

Ton lexique d’insultes ne suffit plus. Tu penses apprendre une nouvelle langue pour aller à la pêche aux nouvelles insultes. En allemand, ça doit bien sonner les insultes. Ça doit bien remplir la bouche. Nilanthi rapplique avec des bouteilles d’eau et tu finis ta séance beauté avec une tension artérielle à 20. Tu aurais dû te rendormir.

Séchée et habillée, tu appelles Issam, le responsable du moteur. Évidemment, il ne répond pas. Pas folle la guêpe. Quoi qu’il ressemble plus à un frelon. Pas fou le frelon.

Pas de moteur = pas de WiFi. Impossible de consulter tes mails, de prendre ton cours en ligne, ou de continuer ta série. Tu arroses tes plantes, tu fais un café. Tu ouvres le frigo que tu contemples dix bonnes minutes en te demandant « qu’est-ce que tu vas pouvoir cuisiner ? » Le frigo ne te répond pas. Il est éteint (… petit naviiireee… (tu devrais arrêter de faire des blagues bêtes (c’est aussi impossible que l’électricité 24/24.))).

Coup d’œil à l’extérieur. Ciel bleu, beau soleil. Donc terrasse, donc livre. Peu de voitures à cause du confinement mais plein d’oiseaux parce qu’ils sont libres eux. Quand tu penses que les cigognes font le trajet Beyrouth-Alsace non-stop sans visa et sans PCR, tu te sens bêtement jalouse. Bon, au Liban elles se font canarder par quelques abrutis en mal de virilité… Mais toi aussi tu risques de sauter à n’importe quel moment à cause de la négligence et l’irresponsabilité d’un autre genre d’abrutis. Alors femme ou cigogne ?  On a les bébés en commun… (arrêtes tes blagues bêtes bon sang ! Plonge-toi dans ton livre et fiche-nous la paix.)

Il est midi. Le livre est terminé. Le 18ème depuis le début de l’année. Ta fille se réveille. « On mange quoi ?» passe avant le bonjour. Redirection cuisine. Entre-temps, le frigo s’est rallumé et t’a gentiment soufflé « te fatigues pas aujourd’hui, il y a un reste de poulet à la moutarde dans le Tupperware rose, celui qui a encore son couvercle adéquat. Juste fais du riz ». Merci Frigo. Il est fidèle celui-là. Avec toi depuis 1986. Il a bien failli t’abandonner il y a 15 ans, mais un électricien PhD (Professeur Haut Débit) l’a sauvé in-extremis. Et ces jours-ci, tu le bichonnes, le cajoles, ne le surcharges pas. Avec le taux du dollar, il est irremplaçable.

Téléphone.

  • Allooooo, c’est Nicoooole.

Nicole est une connaissance récente. Elle a deux fixations : le vaccin Pfizer (elle attend son vaccin avec impatience (il n’est pas question que je fasse Astra, tu as lu les articles ? Tu as vu le reportage sur les embolies ? Non pas question (tu n’essayes même plus de la raisonner, c’est inutile))) et ses chapeaux. Elle peint sur des chapeaux en paille (j’en ai peint 3 aujourd’hui, j’étais très inspirée, à combien je pourrais les vendre tu crois ? J’en ai fait un en pensant à toi ! (Encore !!!!  Tu en as déjà acheté 5.)) Elle t’appelle tous les 3-4 jours pour parler de ses chapeaux, de la pandémie et de ses victimes. Tu n’en peux plus, mais comme tu t’ennuies, tu l’écoutes, on ne sait jamais, elle pourrait sortir quelque chose d’amusant si ce n’est intéressant.) De ton côté ta conversation avec elle se résume à : oui, non, tu es sérieuse ? Pas possible ? Chou sar ? Quel hôpital ? Yii haram, moi aussi je t’embrasse, bon courage. » Immanquablement après Nicole, il te faut de l’alcool. Puisque ça rime. Elle t’angoisse. Tu dois arrêter de lui parler ou la forcer à changer de conversation. Tu regardes l’heure, 17h00. Un peu tôt pour boire, mais comme on dit c’est déjà l’heure de l’apéro quelque part !  Heureusement qu’elle ne t’appelle pas tous les jours ! Comme les pistaches deviennent hors-prix, tu fais du pop-corn. Tu mets un film, le plus léger possible, pour calmer ton angoisse. Heureusement ça marche.

Et c’est la nuit. La journée est passée. Ce temps qui te parait si long finit par être très court. « En réalité, le temps ne passe pas. C'est nous qui passons.” Cette phrase de Ken Bruen tu devrais l’envoyer à Nada qui adore mettre des citations sur Facebook. Et tu finiras par la retrouver sur ton WhatsApp un beau matin d’une journée pas si particulière.

Josyane Boulos

Tel que paru dans le "NOUS" du Collège Notre-Dame de Jamhour - Juillet 2021.


jeudi 20 mai 2021

BARRAGE SYRIEN.




C’est l’histoire de ce jeune soldat syrien posté au barrage sur la route qui mène à l’aéroport. Elle date de 1986 (un million d’années…) Juillet pour être plus précise. Je partais en lune de miel. Pas n’importe où. En Guadeloupe. J’aurais pu y accéder sans avion tellement le bonheur avait fait pousser mes ailes… (Ya latif chou romantique…)

Le taxi nous emmenait à l’aéroport à mon tout nouveau mari et moi. Et bien sûr, juste avant d’arriver à l’AIB (c’était son nom à l’époque), barrage syrien.

  • A gauche. (Bien sûr, il n’y avait pas de s’il vous plait.)

Le chauffeur de taxi obtempère. Le jeune soldat à gauche débraillé et en nu pied datant de son enfance s’adresse à moi. Pourquoi ? Je devais être rayonnante à l’idée des Caraïbes.

  • Où vous allez comme ça ?

(Nous étions à 100 mètres de l’aéroport, tu veux qu’on aille où ?) Au lieu de lui asséner un sarcastique, « Au zoo » ce à quoi ressemblait l’aéroport à l’époque, j’ai répondu : à l’aéroport.

  • Vous avez des valises ?

Au lieu de lui asséner un sarcastique : « Des valises ? pourquoi faire en voyage, qui en a besoin ? »

  • Oui bien sûr.

Il me montre la rouge. La mienne. Remplie d’une tonne de lingeries fines que transporte toute nouvelle mariée qui se respecte. J’ai eu un haut-le-cœur à l’idée de ses mains crasseuses détruisant mes fantasmes.

  • Tu fais quoi dans la vie ?

Je ne sais pas pourquoi à l’époque, les soldats syriens posaient toujours cette question… pour comparer avec leur vie médiocre ? Sauf que là, ça m’a donné une idée.

  • Je présente des émissions à la télé libanaise. Télé-Liban.
  • Tu es connue ?
  • Très (et c’était vrai). Et tu sais quoi ? Si tu ne fouilles pas dans mes bagages, je te ferais un salut spécial le dimanche matin à la télé.
  • 3am ti7ki 3an jaad ? (Tu parles sérieusement ?)
  • Bien sûr. Dès que je reprends mes émissions. Comment tu t’appelles ?
  • Abd el Karim
  • Alors je dirais « Salutations à Abdel Karim du barrage de l’aéroport. »
  • Et wallah 7elouwé el khabriyéeh, ma tensii, Abdel Karim. Yalla Allah ma3koun. (Quelle bonne nouvelle, n’oublie pas, Abdel Karim. Bon Voyage)

Ma lingerie était sauvée mais ne m’en voulez pas, Abdel Karim attend toujours…

 Josyane Boulos