samedi 10 septembre 2016

L’ARTICLE 522 DU CODE PENAL LIBANAIS *

Photo Internet

Je ne suis pas la politique. Je ne regarde pas la télé. Je ne suis pas partisane. C’est Facebook qui m’a averti du scandale Mourani (député de la Nation et avocat), lors d’une table ronde (très carrée) autour des droits de la femme.

Je voudrais remercier Elie Mourani parce qu’il m’a appris qu’une disgrâce comme l’article 522 existe et (sincèrement) remercier M. Elie Keyrouz qui a estimé que « la protection de la femme libanaise, de sa sécurité et de sa dignité nécessite l'amendement des textes de lois qui lui portent préjudice, et plus particulièrement l'article 522 du code pénal.»

M. Mourani a terminé son intervention en disant “Dans certains cas, on doit s'interroger sur la femme qui pousse un homme à la violer” (applaudi par des femmes… ce qui est encore plus grave, beaucoup plus grave que ses propos… prouvant encore plus que nous ne sommes qu’un peuple/bande d’inféodés). Pourquoi personne ne lui a demandé « Quels cas M. Mourani ??? » Il ajoute aussi « aidez-nous à prouver le viol conjugal…» (Le sous-texte semblait fortement dire « foutaises »)

Et puis quand une jeune femme s’insurge, on la fait taire… même le public (à majorité féminin) la fait taire… Cet homme d’un certain âge qui « a honte parce qu’elle attaque un « responsable » », et M. Mourani de promettre à la femme en question Hayat Hala Mershad (mère de famille, activiste, journaliste) « un voile » (pour la calmer (la consoler ?)) Pourquoi un voile? Celui d’une mariée ? Pourquoi assumer que Mme Mershad était célibataire ? Pourquoi assumer qu’il faut être mariée pour être « rangée ?» Il y a heureusement encore des hommes qui supportent leurs épouses dans leurs combats. A moins qu‘ici M. le député pense à la Burka ?… Protégeons les hommes en faisant porter la Burka aux femmes ? Je rage. Après cet affront fait aux Femmes et l’indignation qui a envahit la toile, M. Mourani il faudra vous-même vous cacher sous une burka !


Une femme violée est une victime. Même si elle se balade nue dans la rue. Un acte sexuel sans consentement est un viol. Mettez-vous ça dans la tête une fois pour toute. Nous les Femmes, nous ne sautons pas sur les hommes qui se pavanent torse nu, ou ceux qui ont la raie des fesses qui apparaît sous le pantalon, ou qui ont le jeans au ras des fesses.


Et réparer le crime de l’homme en punissant la femme, en la violant encore 100 fois en la forçant à épouser son violeur… QUELLE HERESIE ! Cette loi doit être immédiatement abolie même (surtout) si ailleurs c’est pire, si ailleurs les femmes n’ont pas le droit de conduire etc.

Pour avancer on se compare au mieux, pas au pire.

On passe 2 ans en tôle pour possession d’un joint, et on reste libre, marié (donc « propriétaire » d’une femme qui fera le ménage, la pute, la mère a un criminel) si on viole ? Y’a pas comme quelque chose qui cloche ? Ah mais excusez-moi ! J’ai oublié que la femme « a le droit » de refuser la noce (encore faut-il qu’elle résiste à la pression du père et du frère), ou qu’elle ne reporte pas le crime pour éviter l’opprobre et le scandale (et un mariage forcé).

De toutes façons, c’est la faute à la femme (!)… Après tout, c’est un avocat, un responsable qui le dit walaw ! A-t-on idée de se balader dans la rue en mini-jupe ! ?

Et malheureuseument ce seront des femmes qui lui jetteront la première pierre.

Josyane Boulos

Un montage de cette fameuse table ronde

https://www.facebook.com/sharikawalaken/?pnref=story)


*L’article 522 du Code Pénal Libanais stipule que toute poursuite et toute peine promulguées à l’encontre d’un violeur doivent être annulées si le violeur épouse sa victime.

mercredi 10 août 2016

SATANEE MENOPAUSE!


Ca y est ! Je ne peux plus avoir d’enfants! C’est pas que j’en voulais encore mais je n’imaginais pas que le fait de ne plus pouvoir tomber enceinte s’accompagnait d’autant de désagréments: Bouffées de chaleur (exponentielles avec les coupures de courant), irritabilité (ne plus conduire ?), prise de poids (encore plus ? c’est possible ? OUI !), mélancolie, sautes d’humeur (proportionnelles à la vitesse de ma connexion internet), transpiration (avec les coupures d’eau, y’a d’la joie !).

PMS puissance 10. 

De grâce! Mille grossesses et pas Une ménopause.

Bon. Mais si t’es quinqua t’a pas le choix.  Tu essayes de résister : t’es trop forte pour les crises d’angoisse, come on ! Tu vas les maitriser ! Et tu es trop débrouillarde pour subir les bouffées de chaleur, tu trouveras un truc. (Hahahaha, quelle blague ! 10 éventails que j’ai déjà cassés ! Dont un sur la tête d’un serveur et un autre sur un Valet Parking)  Moi mélancolique ? Jamais été, ce n’est pas une vulgaire ménopause qui va tout chambarder.
Mais au bout de 3 mois, mes amies : « Va chez ta gynéco et arrête de nous bassiner ! »

Mon onzième éventail dans mon sac, direction gynéco.
Examen de routine. Tout va bien.
Gynéco : depuis combien de temps ?
La ménopausée : un an tout juste. Je veux prendre des hormones.
Gynéco : Cancer du sein en famille ?
La ménopausée (l’éventail sort du sac) : oui
Gynéco : d’autres cancers ?
La ménopausée (l’éventail entre en action) : Père et Mère.
Gynéco : Pas d’hormones pour vous
La ménopausée (l’éventail est sur le point de se casser en deux) : Mais c’est invivable !
Gynéco : trop risqué
La ménopausée (l’éventail se casse) : Mais je suis capable tous les jours de tuer quelqu’un…
Gynéco : Maitrisez-vous
La ménopausée : (cherchant en vain un éventail de rechange) : Mais vous m’imaginez dans le trafic ? Je vous tiendrais responsable si je finis en tôle !
Gynéco : Adaptez votre alimentation. Avec une nutrition équilibrée on peut maitriser les effets de la ménopause.

Ah ! Direction Google. Plusieurs heures de recherche. Vraiment plusieurs (parce que multipliées par 10 vu que la connexion Internet date de l’âge de pierre, et qu’a plusieurs reprises mon fils a du m’empêcher de balancer le router par la fenêtre).

Toutes les pages donnent les mêmes infos avec plus ou moins de détails sur les aliments clés, les aliments à éviter… Mais je n’ai pas trouvé une liste de menus quotidiens équilibrés « spécial ménopause. »  (J’ai peut-être mal cherché ! mais who cares !)

D’ou ma décision d’adapter mon blog à la gloire de l’alimentation de la ménopausée ! Recettes que j’essayerais avant de partager !

Donc très bientôt dans ses pages, un menu quotidien (des recettes anti-meurtre quoi J ) pour vous aider à combattre en souriant (enfin j’espère) ces saloperies d’effets secondaires de cette satanée ménopause.

Josyane






mardi 28 juin 2016

UN QAA A PART

L’été dernier j’ai eu la chance d’être invitée par la municipalité de Qaa pour organiser leur festival de la fête de la Vierge.
Je ne connaissais pas ce village. Je ne savais même pas où il se situait. J’ai du consulter Google Earth ! C’est un petit bled perdu près de la frontière syrienne.
«  Tu es folle d’accepter ! C’est près de Ersal ! ». Mais comme  je suis vraiment folle, je n’ai pas hésité une seconde. Et comme j’ai bien fait! Avec deux membres de mon équipe, nous avons sillonné les routes de la Bekaa pour arriver au bout de 3 heures à Qaa où nous attendait, Charbel, un adorable jeune homme de 18 ans qui nous a servi de guide et d’assistant et que le hasard avait mis sur mon chemin quelques semaines auparavant. Les parents de Charbel, Margot et Saadallah, que je n’avais jamais rencontrés auparavant, avait tellement insisté pour nous loger que finalement mes collègues ont dormi chez eux et moi à l’hôtel à deux pas. La veille, Charbel m’avait dit «  Maman insiste que vous preniez tous vos repas chez nous » «  Charbel, tu es adorable mais je ne connais pas tes parents », « Maman insiste ». Voulant être polie, je lui dit « d’accord on dinera chez vous le premier soir.»
Arrivée chez Margot, j’ai été accueillie comme si j’avais toujours été un membre de la famille. Ce soir-là, nous nous sommes mis à table à 21h, sur la terrasse sous la vigne… pour n’en sortir que le surlendemain… à peine finissions-nous les préparatifs du festival, qu’on accourait à la table de Margot… On était bien chez Margot. On était bien à Qaa. Margot est une cuisinière hors pair… Je n’oublie pas son Tabboulé à la mélasse de grenade, son kechek à tomber par terre (moi qui n’en mange pas, je me suis servie 3 fois..), ses fatayers à la baklé jouissifs (sérieusement jouissifs !) , les truites saumonées du Assi grillées à 2 heures du matin après le festival, le fromage baladé fait maison que nous avons dévoré par kg, les kabiss d’aubergines spécialités de la région… et j’en passe. Et les figues du jardin ! Les figues du jardin cueillies par Saadallah ! Littéralement les meilleures du monde. Dans cette maison simple au grand cœur nous avons mangé comme des rois. Dans ce village authentique, simple, reculé, nous avons voulu rester. Nous avons rencontré des villageois éduqués, avec de grands rêves et une soif de vie. L’air y était pur, la nature généreuse, et les enfants joyeux.

Et ce matin du 27 juin, cette nuit du 27 juin, 8 attentats terroristes. Dans ces rues que nous avions arpentés en riant, dans ces boutiques ou nous avions passées, ce café ou nous avions diné, l’église où nous avions prié.

On n’a pas le droit de bombarder les coins de Paradis. On ne peut pas mourir violemment là où il fait bon vivre.

Aujourd’hui, plus que jamais je suis Qaa.

Josyane Boulos 







lundi 16 novembre 2015

DISCRIMINATION QUAND TU NOUS TIENS.



Après les horribles attentats de Beyrouth et de Paris, la toile s’enflamment. Les libanais s’indignent que Facebook les ignore et d’autres libanais s’indignent de ces mêmes libanais qui s’indignent.

Si je peux comprendre qu’un australien, un british, ou un suisse se reconnait plus dans un parisien que dans un libanais, moi-aussi je suis indignée. Parce que depuis “ je suis Charlie”,  (relire mon article dans mon blog) et même bien avant, au cours de mes voyages, je ressens de plus en plus la discrimination, le racisme et l’intolérance des peuples dit “civilisés” envers nous. Déjà avec la demande de visa où on s’infiltre dans notre intimité pour nous permettre de traverser une frontière… On se sent coupable avant même de penser commettre un crime. Et pourtant… Des terroristes reconnus avoir commis les horreurs de Paris, l’un est né en Belgique, l’autre est français (les autres je ne sais pas.)

Et je ne suis pas musulmane. Juste libanaise. Eduquée, cultivée, francophone, anglophone, active, créative, voyageuse, tolérante, naïve, drôle, stupide parfois, basique. Juste humaine. Tout comme les 200000 + libanais toutes confessions confondues morts pour que d’autres s’enrichissent. 
Tout comme mes amis Khodr, Ali, Hassan, Rashad, Mohammad, Layla, Nada, Alya, Aisha, Mehdi, Walid, Moustapha… Qui s’inquiètent a chaque fois qu’ils doivent prendre l’avion et passer la douane alors que des cuites mémorables sont leur plus grand délit. On ne le répètera jamais assez : Etre musulman n’est pas synonyme de terroriste. Etre du Moyen-Orient non plus.

Je reprends  cette phrase de mon article « Je veux bien être Charlie, mais … » « Nous sommes devenus tellement « Collateral damage » que tout le monde s’en fiche de nos bombes et voitures piégées. Les médias de la planète nous ont tellement affichés et décrit comme la peste bubonique que nous sommes nous-mêmes convaincus que nous sommes des humains de second ordre. »

Alors oui indignons-nous parce que Facebook n’a pas crée une page d’urgence, oui indignons-nous parce que le monde n’a pas illuminé ses sites historiques. Parce que le silence engendre le silence. Et ce n’est qu’en réclamant inlassablement nos droits qu’on les obtient.


Inlassablement.

samedi 24 octobre 2015

CANDY CRUSH

photo from the internet


J’ai eu la faiblesse il y’a quelques jours d’installer l’application de jeux “Candy Crush” (ne vous inquiétez pas je n’enverrais aucun request…). J’ai commencé à jouer, surtout le soir avant de dormir, parce que rien ne vide plus la tête qu’un jeu débile après une longue journée de travail et de stress.

Et puis ce matin, j’ai remarqué combien philosophique était ce jeu. Vraiment.

Rien ne ressemble plus à la vie qu’un jeu de Candy Crush.  Ne riez pas (enfin si vous pouvez d’abord, puis ensuite me prendre au sérieux.) 

D’abord, on nous présente la vie enfin le jeu, comme un bonbon. C’est coloré, c’est sucré, ça a l’air tout bon, tout délicieux. Nous sommes tout content : ça a l’air super simple, super cool.  Nous fonçons. Nous allons essayer.  C’est comme quand on entame la vie, un boulot, un mariage, une relation. Excitant ! La règle du jeu est très simple : il suffit d’aligner 3 bonbons (ou plus) identiques. C’est tout ? Pas sorcier… Mais le problème c’est qu’à chaque fois que tu réussis à aligner tes trois bonbons, plouf ils volent en éclat !

« C’est pô juste ! j’veux mes bonbons » aurait dit Titeuf. 
« Mais si c’est juste » qu’on te réponds,
« C’est la vie » qu’on te rassure,
« Il faut tomber pour apprendre à se relever » qu’on te raisonne,
« Tu en sortiras plus fort » qu’on philosophe
« Tu seras un homme mon fils » qu’on poétise. 
« Je veux juste mes bonbons » que tu dis.
 « Continue ! Tu en auras un plus gros» qu’on t'affirme.

Alors vaillamment tu continues. C’est attirant un plus gros bonbon, un meilleur salaire, une plus grande maison, un grand mariage, une plus jolie fille, un plus beau mec… Tu te dis « Ils ont raison ! Pourquoi se contenter de peu quand on peut avoir plus » Alors tu continues à aligner tes bonbons de toutes les couleurs et de toutes les saveurs. Jusqu’à arriver au gros bonbon. Et là tu jouis, t’es heureux, t’es au septième ciel ! LE GROS BONBON enfin tu l’as ! Enfin tu vas pouvoir le savourer. Enfin tu vas être heureux. Et là dilemme. Si tu échanges ton gros bonbon avec un autre pour gagner encore plus, ton gros bonbon il va disparaître. Et si tu le gardes… tu risques de perdre aussi… Hein, pas facile la décision. Tu veux prendre ton temps, mais la tout commence à clignoter… c’est que le temps lui, il n’attends pas !
Tu paniques et tu échanges ton Gros Bonbon. Et un feu d’artifice de bonbons qui éclatent te récompense. C’est beau, c’est coloré, c’est fascinant, avec la musique et tout les effets sonores ! Waw t’es un grand gagnant pour sur ! Ca y est, tu as réussi!
Eh non.
Désolée de te décevoir.
L’écran t’annonce « no more moves »
« You have failed »
« Give up » on te conseille.
« Buy lives » on te sussure.
Acheter une vie ? On peut ? On peut vraiment acheter une vie ?
Waw c’est tentant ca… Alors même en ayant peu on tente l’achat.
Et les bonbons se réalignent, et tu recommences.
Tu bâtis, ça casse, tu recommences.  Tu bâtis, ça casse, tu recommences.  Inlassablement.
Pour essayer de reprendre ce que tu avais déjà. Mais que tu ne voyais pas: 


Une vie.

Josyane Boulos